Il arrive qu’on se demande s’il est préférable pour la planète de commander un produit en ligne ou bien de l’acheter directement en magasin. En effet, avec la fabrication, la logistique et le transport représentent une part significative de l’empreinte carbone de nos achats. L’ADEME (l’agence de la transition écologique) propose Impact Livraison, un simulateur pour évaluer l’impact climatique des livraisons. Ce calculateur en ligne permet de calculer l’impact carbone de l’expédition à domicile ou de l’achat en magasin d’une dizaine de produits. Entre les courses alimentaires, la caisse de vin, la cafetière, le smartphone, un livre, les vêtements, les chaussures, le micro-onde, le lit ou encore le lave-linge, l’outil propose un panel étendu de produits et permet d’intégrer l’impact carbone de leur fabrication.
80 % des Françaises et des Français effectuent des achats en ligne. Ils effectuent en moyenne 1 achat de bien ou de service en ligne par semaine, ce qui générerait l’envoi d’au moins 1 milliard de colis par an, pour un bilan carbone des expéditions estimé à 1 millions de tonnes de CO2. D’après l’ADEME, « Impact Livraison propose d’évaluer le poids carbone des achats en ligne et de comparer 7 modes de livraison pour 10 objets différents. En quelques clics, l’outil permet de comprendre les bons ordres de grandeur et de faire des choix plus éclairés. »
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Découvrir le simulateur Impact Livraison
Il suffit de remplir les champs ci-dessous pour s’informer de l’impact de nos achats, fabrication, logistique et livraison au client compris. Impact livraison fait partie d’une série d’outils mis à disposition par l’ADEME afin d’évaluer et de comprendre l’impact climatique de nos modes de vie, y compris donc la vente en ligne et l’e-commerce. Ils sont regroupés sur le site Internet Impact CO₂.
La complexité de l’évaluation de l’impact des livraisons
Le calculateur proposé se base sur l’étude de l’ADEME publiée en 2023 Commerce en ligne : Impacts environnementaux de la logistique, des transports et des déplacements. Ces travaux soulignaient la diversité des cas de figure lorsqu’on aborde la livraison, ce qui rend complexe l’évaluation de son impact écologique et nécessite de prévoir différents scénarios. Par exemple, l’étude notait ainsi qu’un tiers des retraits de colis impliquait un trajet spécifique en voiture.

« À ce jour, il n’est pas démontré que le commerce en ligne présenterait un avantage environnemental systématique et incontestable sur le commerce en magasin. De même, parmi les options de livraison, il n’est pas démontré un avantage environnemental systématique et incontestable de la livraison en point de retrait par rapport à la livraison à domicile, ni de la livraison à délai « standard » par rapport à la livraison rapide ou express », affirme Marc Cottignies, coordinateur technique de l’étude à l’ADEME.
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En revanche, et c’est une dimension qui n’est pas prise en compte dans ces recherches, le commerce en ligne et avant lui, le regroupement des enseignes dans des grands entrepôts en périphérique des agglomérations, contribuent à dévitaliser les centres-villes. Ce qui augmente aussi la dépendance à l’automobile tout en altérant la proximité, les liens sociaux, le vivre-ensemble et la convivialité.
Des pistes d’améliorations tant du côté du client que du vendeur
La bonne nouvelle est que l’impact des livraisons et de la logistique du commerce peut être atténué tant grâce à des actions de la part des entreprises que des consommateurs et clients. Par exemple, en augmentant le nombre et la densité des points relais afin que ces derniers soient plus accessibles. Enfin, pour éviter aux colis des trajets inutiles, il est préférable d’empêcher les échecs de livraison, donc de faire en sorte que le colis soit livré du premier coup et d’éviter les retours.
L’ADEME insiste également sur les progrès à réaliser du côté des emballages. En effet, en plus de verdir les flottes de transport et d’optimiser le chargement des véhicules, l’agence appelle à « réduire le pourcentage de vide (estimé à 50%) par un meilleur ajustement du contenant au contenu afin de diminuer le volume des colis et la quantité d’emballage produite ». En clair, cesser d’avoir des colis surdimensionnés par rapport à ce qu’ils contiennent. L’ADEME recommande même de « supprimer le suremballage lorsque l’emballage du fournisseur le permet ».
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En France, le secteur des transports est responsable du tiers (32 %) des émissions de gaz à effet de serre en France. C’est la première source d’émission du pays. La moitié (52 %) des rejets attribuables aux transports provient des véhicules des particuliers tandis que les camions (25 %) et des véhicules utilitaires (15 %) viennent ensuite. Avec l’électrification des flottes, les émissions du secteur tendent à diminuer.
« Plus on est dans la logique d’immédiateté, plus notre consommation est impactante »
Aujourd’hui, les entreprises de fret doivent partager à leurs clients l’impact de la livraison, Mais, « dans les faits, seule une sur 4 le fait réellement. Ce n’est pas encore populaire qu’à coût similaire l’entreprise choisisse l’empreinte carbone la moins élevée. Le choix d’un prestataire de livraison se fait sur sa fiabilité, sa rapidité ou sur des logiques de fidélisation client », affirme Julie Mathews, directrice de l’accompagnement des organisations au sein de la Fondation GoodPlanet. Elle réagit à la mise à disposition par l’ADEME du calculateur Impact Livraison. Julie Mathews trouve l’outil très ergonomique et utile pour comprendre les ordres de grandeur : « il permet de sensibiliser pour savoir si on se fait livrer chez soi ou non, un confort qui d’habitude prime beaucoup dans ce genre de décision côté client. Il faut savoir qu’il existe des services qui proposent pour un euro de plus de différer la livraison afin de la regrouper avec d’autres dans le même secteur pour réduire l’impact ».
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Cependant, selon Julie Mathews, « il faut déjà être un peu sensibilisé et aguerri pour rentrer dans les détails ». Elle rappelle que :« il y a encore un grand besoin d’acculturation pour comprendre ce qui pèse le plus ». Elle donne l’exemple d’un lit, « on peut se focaliser sur le fait que la livraison est réalisée en camionnette électrique tout en oubliant que ce qui a le plus d’impact est la production du lit ». Au-delà des mesures d’impact, Julie Mathews recommande de sortir de la logique d’urgence liée à nos achats. De les anticiper, et, dans la mesure du possible de consommer local, car « plus on est dans la logique d’immédiateté, plus notre consommation est impactante tant sur le plan environnemental que social ».
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Pour aller plus loin
Les documents de l’ADEME
Le site Outils | Impact CO₂
Le site site Accueil | Impact CO₂
Le rapport sur le e-commerce et la vente en ligne de 2023
L’impact environnemental du commerce en ligne – ADEME Infos
E-commerce : les bons réflexes pour des achats responsables – Agence de la transition écologique
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